La Double Casquette Ep 1 : En Traits Libres

Afin de mettre en lumière des professionnels du livre ayant une seconde activité faisant vivre le livre, l'Agence lance cette série "La Double Casquette".

Publié le 16/02/2026

La Double Casquette est une série d’actualités qui a vu le jour avec l’ambition de donner la parole à des acteurs du livre aux parcours singuliers, marqués par une double activité. À travers ce format, nous souhaitons mettre en lumière les liens qui unissent leurs deux métiers ainsi que leur rôle clé en tant qu’acteurs de l’interprofessionnalité.

Chaque épisode se compose d'une micro-interview où ces professionnels partagent leurs projets, leurs défis et leurs réflexions sur l’évolution de leur parcours. Pour compléter cet entretien, une analyse chiffrée viendra éclairer les données essentielles de leur aventure professionnelle : de la création de l'une de leurs structures à son évolution.

Pour inaugurer cette nouvelle série, c’est une librairie emblématique de Montpellier, En Traits Libres, qui ouvre le bal. Pionnière dans l’art de mêler lecture et expression graphique, elle a su se démarquer en proposant une approche innovante et collaborative de l’univers du livre. Nous commençons donc cette série dédiée aux libraires ayant une seconde activité, véritables acteurs et actrices de l’inter-professionnalisme, en donnant la parole à celles et ceux qui, au-delà de leur métier de libraire, contribuent à la richesse du paysage culturel. Voici donc un petit aperçu de leur parcours et de leurs projets.

L'Interview express de Miquel Clemente :

Océane Teisseire, Stagiaire à l'Agence : Tout d'abord, la fermeture d'En Traits Libres a-t-elle été un choix personnel ou fut-elle subie ?

Miquel Clemente, libraire et éditeur : Totalement subie, oui.

O.T. : Quels sont les principaux facteurs qui ont mené à la fermeture de votre librairie et combien de temps vous a-t-il fallu pour prendre cette décision de fermer ?

M.C. : Ça fait deux ans qu'on négociait le loyer ou l'achat, ou trouver une autre solution, pour faire que la situation ne reste pas comme elle était. Et on n'a pas trouvé d'accord. On savait d'entrée que le modèle avec un loyer à 7200 euros par mois, il serait compliqué à tenir. On s'est dit que si on était les meilleurs et qu'on leur montrait, on réussirait à négocier. On n'était pas encore complètement dans le rouge, mais on voyait bien que ça ne pouvait pas marcher. En gros, avec un loyer pareil, il aurait fallu faire quasiment un million de chiffre d'affaires. Et sans augmenter d'autres charges que ce soit, c'est-à-dire sans plus de personnel, ce n'était pas possible.

O.T. : À côté de ce métier de libraire que vous avez exercé, vous êtes également éditeur. La question se pose donc : comment conciliez-vous votre profession de libraire et votre profession d’éditeur ?

M.C. : On a travaillé 12 heures par jour. On a pris 15 jours de vacances par an pendant 3 ans. On n'a pas fermé la deuxième année du tout. On a envoyé du gros.

O.T. : Cette double casquette a-t-elle été bénéfique pour votre commerce ?

M.C. : Oui, tout le début (du projet) et puis toutes les connexions que ça apporte. Toutes les sorties de livres, le lien avec les auteurs, avec les autres éditeurs. Et puis surtout, on n'a pas du tout fait peser nos charges salariales sur la librairie. C'était un objectif, mais on ne l'a pas fait. On n'était payé que sur la maison d'édition. Ce qui, du coup, a été plutôt bénéfique pour la librairie.

O.T. : Comment s’est déroulé le dernier jour ?

M.C. : Le dernier dernier ? On a fait 24 heures du fanzine. Vraiment pour la fin, dans le local vide. Après avoir vraiment fini de déménager, on avait laissé quelques bouquins à prix libre. Et on avait des tables, des chaises et une photocopieuse. Et on a fait 24 heures de fanzine. Et on avait des DJ et une tireuse. C'était super. C'était assez inoubliable pour tous ceux qui ont participé.

O.T. : Quels sont vos projets futurs ?

M.C. : Nous concentrer sur 6 pieds sous terre.

O.T. : Si vous deviez retenir une chose de l’aventure En Traits Libres, ce serait quoi ?

M.C. : Qu'on est quand même passé pas loin de le faire. Et qu'on a réussi à faire un chiffre d'affaires assez conséquent avec 85 % de bandes dessinées indépendantes, de petites maisons, de petites structures. En réussissant à faire jusqu'à un peu plus de 400 000 euros de chiffre d'affaires.

TOUT EN CHIFFRES : 

Année d'ouverture : 2022 Année de fermeture :2025 Chiffre d'affaires de la dernière année :400 000€ Titres référencés :5 000 Titres en stock :15 000 Rayons/Catégories de livres :7 thématiques dont 3 qui changeaient constamment Surface total :400 m2 Surface de vente :220 m2 Surface pour les expositions :100 m2 Surface de la réserve pour l'animation :80 m2