
Le pays de l'enfant ocre
« Tout ce qui n'est pas donné est perdu. »
Il m'est arrivé d'entendre un Africain couvrir pudiquement les raisons d'un dramatique tournant dans sa vie par la simple phrase : « C'était mon destin. »
Quelle part de construction - ajoutée à celle du renoncement - fait la somme d'un destin ?
Le cours de ma vie suit les méandres de l'incertitude : sur quelle berge se dessaisir ? Quel courant ne pas abandonner ?
Revenir longtemps plus tard à Madagascar pour y retrouver l'enfant ocre. Celui dont la présence au monde inonde de lumière l'enfant sombre. Prendre un autre chemin que celui des colons... C'est à un voyage sur les traces de son enfance malgache (ces années-là ne furent pas lourdes à porter) que l'auteur nous convie, un récit qui se déroule comme une tapisserie de contes. À l'écoute de ses habitants, elle renâcle devant la manière commune, l'anecdote, préférant dessiner le panorama d'une sensibilité, et à travers elle, d'un temps sur cette terre, dans tous les reflets qu'elle lui offre.